Monsieur Jean Sarramea dont le père servait dans la Division de Fer nous a adressé cet article que certains connaissent déjà, relatant l’inauguration du village reconstruit et notamment de la rue du 9 juin 1940.


Moyen-Âge
Croutoy appartient au IXe siècle à l’abbaye Saint-Etienne de Choisy-au-Bac.
Le hameau de Martinont est une ancienne seigneurie qui a été aussi importante que la villa royale de Cuise-la-Motte. Il est réuni au domaine royal et donné en garde à des chevaliers, qui prennent le nom de Martimont. Ce fief comprenait les terres de Courtieux et de Jaulzy et dépendait des châtelains de Pierrefonds et est ruiné dans lors de guerres ; l’église de Martinont est détruite en 1740, après sa réunion à la paroisse de Croutoy.
Époque contemporaine
Première Guerre mondiale
Le terrain d’aviation de Croutoy – Hautefontaine est aménagé lors de la première Guerre mondiale par l’armée française17.
Le village a été décoré de la Croix de guerre 1914-1918 le 21 février 1921.
Seconde Guerre mondiale
Lors de la bataille de France, pour ralentir l’avancée allemande, le Génie français détruit partiellement le pont d’Attichy le 21 mai 1940 et l’armée ordonne l’évacuation du village le même jour. Les jours suivants, les militaires prenaient possession des lieux. Le château devient l’état-major du 237e RI puis du 1er Bataillon du 170e RI. Le 8 juin, Croutoy est transformé en point d’appui par les troupes en repli et se trouve encerclé
Le 9 juin 1940, après un bombardement aérien allemand puis des combats de rue acharnés, 22 soldats français sont tués près de l’église, dont 10 brancardiers. Le 25 juin, lorsque la population revient dans le village, vingt-cinq maisons sont détruites. Néanmoins, Croutoy devient un cantonnement de la Wehrmacht et de la Luftwaffe.
L’aérodrome, en travaux, n’est pas utilisé par l’armée française pendant la Bataille de France. En 1943, il est répertorié en octobre 1943 par la Luftwaffe comme « Platz Kommando Haute Fontaine » et comprend deux aires de dispersion, avec au total 13 abris avions et 6 en construction en 1944. Lors du Débarquement de Normandie, le terrain d’aviation de Croutoy est réactivé par la Luftwaffe et bombardé par les avions alliés.
Le village est libéré le 1er septembre 1944 par la 1re Armée américaine à la poursuite des Allemands en retraite.
A la Libération, le terrain est transformé par le Continental Central Prisoners of War Enclosure (CCPWE) en camp de prisonniers allemands, le plus important de France, puisqu’il a atteint 10 000 internés. Ce camp a fermé en 1947 et le terrain rendu à l’agriculture.
Le premier plan de reconstruction du village est réalisé par l’architecte-urbaniste M. Le Caisne, architecte-urbaniste en juillet 1943, mais les travaux ne commencent que le 25 mars 1949 pour s’achever le 23 mai 1954, jour de la cérémonie dite de la résurrection de Croutoy.
Lieux et monuments
Église classée monument historique (MH) en 1920, au milieu d’un des rares cimetières fortifiés conservés dans l’Oise, datant du XVIe siècle, avec une échauguette qui protège l’angle du mur d’enceinte percé de trous d’arquebuse. Une tourelle à coupole située à l’autre extrémité fait de même du côté des champs.
Elle a été sérieusement endommagée en 1940.
À l’intérieur, fonts baptismaux en pierre (XIIIe siècle), Vierge à l’enfant en marbre (fin XIVe siècle), aigle lutrin en bois sculpté.
- Vitraux de l’église : exécutés par Jean-Jacques Grüber, maître verrier, villa d’Alésia à Paris et posés en 1952, ils ont été réalisés grâce aux dons des habitants de Croutoy et des anciens du 170e RI.
- Chœur : à gauche, Noël, Marie et Jésus avec deux femmes ; au centre, couronnement de Notre-Dame par son fils ; à droite, Marie avec l’ange Gabriel (Ave Maria).
- Chapelle de gauche : on retrouve les hirondelles, symbole du 170e régiment d’infanterie.
L’église fortifiée de Croutoy



Tourelle en encorbellement de l’église

Photo souvenir



